Tourisme Pablo Escobar — Une perspective critique
Oui, nous devons en parler. La série Netflix « Narcos » a déclenché une vague de tourisme Escobar : les touristes posent en souriant devant sa tombe, sur son ancienne propriété et dans des bars portant son nom. Pour de nombreux Colombiens, c'est profondément blessant.
Pourquoi cet engouement est problématique
Pablo Escobar était responsable de la mort de 5 000 à 10 000 personnes — y compris des politiciens, des journalistes, des juges, des policiers et d'innombrables civils. Il a fait s'écraser des avions (vol Avianca 203, 107 morts), exploser des voitures piégées dans des centres commerciaux et faire sauter des quartiers entiers. Pour les familles des victimes, la glorification est une gifle.
Les habitants de Medellín le disent clairement : « Medellín n'est pas Escobar. Medellín est la ville qui a surmonté Escobar. » La Comuna 13 raconte l'histoire de la violence et de la reconstruction — sans glorifier un seul criminel.
Que faire à la place
Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire, il est possible de la découvrir de manière responsable :
- Museo Casa de la Memoria (Medellín) : Le musée de la mémoire documente l'ensemble du conflit — pas seulement Escobar, mais aussi la guérilla, les paramilitaires, les victimes. Entrée gratuite, émouvant et respectueux.
- Comuna 13 Graffiti-Tour : L'histoire du quartier raconte la transformation de Medellín du point de vue des habitants — pas des criminels.
- Centro de Memoria Histórica (Bogotá) : Le centre national pour la mémoire historique avec des documentations sur le conflit armé.
Achtung
Évitez les « tours Escobar » qui présentent le baron de la drogue comme un Robin des Bois. De nombreux Colombiens considèrent ces visites comme irrespectueuses envers les victimes. Si vous souhaitez comprendre l'histoire, visitez les musées de la mémoire — ils racontent toute la vérité, complexe.
