Histoire en bref
L'histoire de la Tanzanie est aussi ancienne que l'humanité elle-même — et son passé récent explique pourquoi le pays est aujourd'hui si exceptionnellement paisible.
Berceau de l'humanité
Dans les gorges d'Olduvai (voir chap. Serengeti), les Leakey ont découvert les plus anciennes traces de nos ancêtres. La Tanzanie est littéralement le lieu où l'humanité a commencé. Les empreintes de Laetoli (3,6 millions d'années) sont les plus anciennes preuves de la marche bipède.
Civilisation swahilie (VIIIe–XIXe siècle)
Sur la côte, le contact avec les marchands arabes, persans et indiens a donné naissance à la culture swahilie — une fusion unique des traditions africaines avec des influences islamiques. Kilwa Kisiwani (sud de la Tanzanie) était au XIVe siècle l'une des villes les plus riches du monde, célèbre pour l'or et l'ivoire.
Période coloniale : Allemands & Britanniques
À partir de 1885, le continent a été colonisé sous le nom de Afrique orientale allemande. Les Allemands ont construit des infrastructures (chemin de fer Dar–Kigoma), mais ont également réprimé violemment la révolte des Maji-Maji (1905–1907) — jusqu'à 300 000 morts. Après la Première Guerre mondiale, les Britanniques ont pris le mandat sur le « Tanganyika ».
Uhuru ! — Indépendance & Nyerere
Le 9 décembre 1961, le Tanganyika est devenu indépendant, suivi par Zanzibar en 1963. En 1964, les deux se sont unis pour former la République unie de Tanzanie. Le père fondateur Julius Kambarage Nyerere (« Mwalimu » — le professeur) a profondément marqué le pays :
- Ujamaa (village familial) : L'expérience de Nyerere d'un socialisme africain. Réinstallation forcée dans des villages communautaires, économie étatique. Échec économique, mais transformation sociale.
- Swahili comme langue nationale : Nyerere a imposé le swahili comme langue obligatoire — créant ainsi un lien qui unit plus de 120 ethnies. La contribution la plus importante de la Tanzanie à la paix.
- Éducation pour tous : Campagnes massives d'alphabétisation, éducation primaire gratuite.
- Pas de tribalisme : Nyerere a combattu la division ethnique de manière résolue. Jusqu'à aujourd'hui, les Tanzaniens se définissent d'abord comme Tanzaniens, et non par leur tribu — une rareté en Afrique.
Nyerere s'est retiré volontairement en 1985 — l'un des rares dirigeants africains à l'avoir fait. Il est décédé en 1999 et est toujours vénéré comme le père de la nation.
