Indépendance & Malaisie moderne
Le 31 août 1957, la Fédération de Malaya est devenue indépendante — Tunku Abdul Rahman a crié sept fois « Merdeka ! » (Liberté !) sur la place Merdeka à KL et est devenu le premier Premier ministre. En 1963, Sabah, Sarawak (sur Bornéo) et brièvement Singapour se sont joints — la Malaisie est née. Singapour a été exclu à nouveau en 1965 (une séparation annoncée en larmes par Lee Kuan Yew).
La jeune nation faisait face à d'énormes défis : le 13 mai 1969, des émeutes ethniques mortelles ont éclaté à KL entre Malais et Chinois — un événement traumatique qui marque la Malaisie jusqu'à aujourd'hui. En réponse, le gouvernement a introduit la NEP (New Economic Policy / politique Bumiputera) : un système de discrimination positive qui favorise les Bumiputera (Malais et peuples indigènes) dans les admissions universitaires, les participations d'entreprises et les achats immobiliers. La NEP est controversée — elle a créé une classe moyenne malaise, mais aussi alimenté les tensions entre les ethnies.
Sous le Premier ministre Mahathir Mohamad (1981–2003, 2018–2020), la Malaisie a connu une modernisation rapide : les tours Petronas, le circuit de Formule 1 à Sepang, la nouvelle capitale Putrajaya et l'industrialisation selon le modèle des « tigres asiatiques ». Mahathir est la figure la plus marquante — et controversée — de l'histoire malaisienne : visionnaire et autocrate, modernisateur et critique de l'Occident.
En 2018, un changement de pouvoir historique a eu lieu : Mahathir, âgé de 92 ans, a remporté l'élection contre le gouvernement corrompu de l'UMNO dirigé par Najib Razak, impliqué dans le scandale 1MDB (le plus grand scandale financier d'Asie du Sud-Est — 4,5 milliards USD détournés). Najib a été condamné à 12 ans de prison en 2022. La démocratie en Malaisie est vivante — même si elle n'est pas toujours sans heurts.
